Comment Axel Springer investit dans les start-up média les plus prometteuses

Axel Springer fonds médias

Le groupe allemand a créé un fonds d’investissement qui lui permet de prendre des participations minoritaires dans les services les plus disruptifs de son secteur. De quoi lui permettre de créer à terme un empire du numérique ?

Blendle, Pocket, Nowthisnews… En plus de révolutionner notre consommation des médias, ces trois start-up ont un autre point commun. Elles ont toutes levé plusieurs millions de dollars auprès d’un fonds pour le moins atypique : Axel Springer Digital Ventures. Cette filiale américaine du groupe de presse allemand s’est spécialisée dans les investissements early-stage dans les créneaux les plus porteurs des médias digitaux. Et entre Blendle, que l’on présente comme l’iTunes de la presse et Nowthisnews, le Netflix de l’info, on peut dire qu’elle a le nez creux. Sans compter qu’elle vient de mener en début d’année un investissement de 25 millions de dollars dans Business Insider, en partenariat avec Jeff Bezos.

Déjà 52% du chiffre d’affaires qui vient du numérique

« Axel Springer est incontestablement le meilleur élève de la classe, résume Pascal Chevalier, fondateur de Reworld Media. C’est le plus grand groupe média d’Europe et un de ceux qui a le mieux réussi la bascule numérique. » Les derniers résultats de l’éditeur de Bild lui donnent raison, avec 52% des 2,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires qu’il réalise qui proviennent du numérique. Le ratio est même de 70% lorsqu’on l’applique aux bénéfices.

Ce succès, le groupe le doit avant tout à une politique d’acquisitions tous azimuts : Aufeminin.com, Seloger.com, Lacentrale.fr ou encore Zanox. « Le meilleur moyen d’aller vite et bien vers de l’innovation est de le faire en externe. C’est beaucoup plus compliqué d’être efficace en R&D et de faire les choses en interne », explique Pascal Chevalier. Une logique que le groupe a donc poussé plus loin avec le lancement de ce fonds dédié aux start-up les plus disruptives du secteur. Un groupe de presse qui dispose de son propre fonds d’investissement ? Ce n’est pas forcément une première. En France les exemples fleurissent ainsi ces dernières années à l’image des initiatives menées par TF1, l’Express ou encore Reworld Media, qui ont tous opté pour le modèle du « media for equity« , parti-pris permettant d’offrir de la visibilité à des jeunes start-up sur les supports médias du groupe en échange d’une prise de participation.

Plus facile d’un point de vue opérationnel d’investir que d’acquérir

Axel Sringer a, lui, privilégié une autre approche baptisée ‘corporate venture’. Les investissements réalisés par sa filiale lui permettent de mettre un pied dans les technologies les plus innovantes tout en évitant le clash culturel, entrepreneuriat – grand groupe, qui résulte traditionnellement d’une acquisition de ce genre. « L’intégration d’une start-up est généralement fastidieuse pour un groupe de ce genre. Elle n’a aucun impact sur le chiffre d’affaires ou le cours de Bourse, et elle peut être source d’ennuis côté opérationnel », nous explique Marc Oiknine, de Alpha Capital Partners Londres. Lequel estime qu’il est plus judicieux dans ces cas là de prendre une participation minoritaire dans la pépite pour l’observer à distance et l’accompagner si besoin.

« Les start-up ont besoin, plus que tout, d’agilité pour innover. Chose qu’elles feront bien plus facilement en préservant leur indépendance », rappelle notre expert en private equity. Le fondateur du hollandais Blendle, Alexander Klöpping, ne nous disait pas autre chose rappelant que les relations avec la structure de venture capital de chaque groupe reposait essentiellement sur du conseil et du mentoring. D’autant que rien n’empêche Axel Springer de profiter de cette relation privilégiée pour tisser des liens privilégiés qui peuvent s’avérer précieux en vue d’une véritable acquisition. Tout comme, le fonds se garde la possibilité de faire une belle sortie lors d’une vente à un tiers.

Les prises de participation d’Axel Springer Digital Ventures
Start-up Montant de la levée à laquelle le fonds a participé
Source : JDN
Pocket 7 millions de dollars en Series B avec 6 autres
Business Insider 25 millions de dollars avec Jeff Bezos
NowthisNews 6 millions de dollars en Series C avec 4 autres
Blendle 3,8 millions de dollars en Series A avec le New-York Times

Profiter de la veille de quelques unes des start-up les plus innovantes du secteur

Dans le laps de temps, Axel Springer s’assure de garder un oeil sur quelques unes des start-up les plus innovantes de son marché. Dans la difficile équation économique que pose le basculement des usages depuis le papier vers le Web (et aujourd’hui le mobile), les modèles économiques proposés par Blendle (vente d’articles à l’acte) ou NowThisNews (plateforme d’information vidéos en UGC) font office de vigies très intéressantes. Et le fait de suivre ces modèles de près permet-il à Axel Springer d’y voir plus clair dans le questionnement perpétuel qui s’impose aujourd’hui à tout groupe de presse.

Au moment de révéler les résultats de son groupe pour l’année 2014, le patron d’Axel Springer, Mathias Döpfner, clamait son ambition de transformer l’Allemand en un « géant du numérique ». Entre les acquisitions, les investissements en son fonds et les start-up incubées au sein de son accélérateur, Axel Springer Plug and Play, le groupe se donne clairement les moyens de ses ambitions.

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